Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /Nov /2007 02:10

Monsieur Sly m'a fait la remarqué hier que :
1 : Mes articles étaient trop longs ...
2 : Ca manquait d'images

1 : Bon, sur le trop long, monsieur Sly, je n'y peux pas grand chose, ou alors va falloir que je découpe en plein de petits articles, mais alors ca risque d'être très embêtant pour la personne qui débarque (bah oui, j'espère toujours avoir des visiteurs un jour, et des nouveaux ! :p)

2 : Pour le coup des images, je suis bien d'accord ! Alors voila, je mets une image que j'ai trouvée je ne sais plus où, mais ca fera un peu de déco en attendant que je trouve quoi mettre comme type d'image sur mes articles ! :D

 

1222012306.jpg


En tous cas, merci à Monsieur Sly pour la correction des fautes qui trainaient ! Je reviendrai sur Monsieur Sly (au sens figuré bande de pervers) pour vous montrer, avec son accord, ce qu'il fait de ... sa voix (ou pas !)

Par SebIrl - Publié dans : Personnel - Communauté : BLOGS GAY
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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /Nov /2007 16:08

L'article "Et si j'en parlais ...(1)" était une explication sur comment j'ai décidé de m'assumer tel que j'étais, c'était, je pense, un texte nécessaire pour comprendre le raisonnement qui est le mien aujourd'hui. Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, voici le lien :  http://sebirl.over-blog.com/article-13530179.html

 
Bon, sur ce second article de la série (bah quoi, 2 c'est une série non ? :p), je ne vais pas m'étaler sur mes rencontres ; A la limite : on s'en fout. Je vais seulement parler de celles qui me semblent importantes, celles qui ont éveillées en moi des questions, ou de l'énervement, sur des comportements que je ne comprenais pas. Et puis je vais un peu aborder ma vie après mon coming out. Je crois qu'il y aura un article numéro trois ... le deux ne suffira pas à dire tout ce que j'ai envie de dire ^_^ J'ai fait deux articles distinct car il  y a clairement un "avant sortie du placard" et un "après". 
  
Pour reprendre à la suite, après donc mon coming out à mes parents (toujours 16/17 ans) je suis un peu parti en vrille (alors qu'on aurait pu penser que tout aurait du s'arranger ? hé bien pas tout à fait). On a déménagé à Troyes, j'ai trouvé un boulot, un copain (pas duré longtemps), je suis tombé malade (saleté mononucléose infectieuse! Protégez-vous ! Ca aurait pu être pire ...), et puis je suis parti dans un couvent ... (ne cherchez pas de lien de cause à effet hein ...) je voulais devenir Dominicain ... J'ai passé un certain temps au Couvent de Lille, je devais ensuite aller à Strasbourg pour rencontrer le Maître des Novices. J'ai fait un arrêt à Troyes pour voir mes parents, et puis ... je ne suis pas allé à Strasbourg, finalement ... J'ai du avoir peur, ou bien il y avait quelque chose qui me dérangeait dans l'affirmation de ma vie sexuelle et le fait de devenir dominicain ... j'en sais rien, toujours est-il que je n'ai pas fait mes vœux ! 
  
Entre rencontres (amicales et amoureuses), boulot, mon vécu et parcours atypique, et surtout toutes ces réflexions que je trainais, à 19 ans, j'avais déjà un peu roulé ma bosse (ah oui, j'ai arrêté à 17 ans, après le BAC ... mais je ne suis pas allé aux épreuves, contre toute attente d'ailleurs, j'étais bon élève, motivé ... mais voilà quoi, les aléas de la vie, j'ai regretté de ne pas y être allé, ça ne m'a pas facilité l'insertion en milieu professionnel, j'ai toujours dû faire plus mes preuves que d'autres qui avaient déjà un capital diplôme, mais je crois que c'est le propre de toutes personnes dans la même situation, et j'avais bien sûr à assumer mon homosexualité devant mes collègues); épatant ce que la vie peut faire de nous, ou en tous cas ce que les situations ont comme influence sur le court de notre vie
  
Quelques mois après mon retour du couvent, j'ai trouvé un travail chez AOL (je me souviens que ma mère était arrivée dans mon appart pour me dire "Hé ! Ils recrutent des techniciens, t'es bon en informatique, c'est ton truc ..."). AOL était mon fournisseur d'accès à internet de l'époque d'ailleurs, et même si l'informatique pour moi était une passion, il ne m'était jamais venu à l'idée d'en faire mon métier. J'avais certes déjà travaillé dans l'informatique, mais ce n'était pas un boulot très intéressant. Quelques fois je me dis que si ma mère ne m'avait pas donné cette annonce ce jour là, je bosserais peut être dans un travail moins prenant, et sans être péjoratif, d'un travail plus proche de mon milieu social initial : plutôt dans la moyenne très basse financièrement, ma mère a toujours travaillé pour ainsi dire en C.E.S (contrat emploi solidarité) quand j'étais jeune, pas cher payé (et d'ailleurs quand j'étais plus petit, je croyais que c'était une norme les C.E.S ...). 
  
J'étais pas mal chez AOL, mais j'étais déprimé, c'est après coup que je m'en suis rendu compte. Au travail, j'ai fait la connaissance de Stéphanie. J'ai adoré notre rencontre, ça me fait toujours marrer. Ce jour là, j'étais à coté d'elle au travail, je devais être sur un site genre gay quelque chose, y avait une image d'un beau mec sur mon écran, je vois qu'elle jette un œil, et je lui dire mi-rigolant/mi-agressif : "Oui je suis gay, j'espère que ca te dérange pas" (je ne la connaissais pas trop en plus, je ne sais pas ce qui m'a pris ce jour la). Et sa réponse : "Moi aussi, bienvenue au club". On a sympathisé ... et puis quelques semaines plus tard, je ne suis plus venu au travail. J'étais chez moi, je restais dans le noir, passant mes journées entre le pc/les jeux/la télé. Je ne faisais plus rien du tout, pas rasé depuis je ne sais pas combien de temps, ménage 0, vaisselle 0, bref rien. Je crois que c'était un après-midi, j'entends toc-toc à ma porte. C'était Stéphanie, alias Pimouss, qui débarquait. Elle est rentrée chez moi, et je crois qu'en voyant l'état de l'appart elle a du se dire "oh mon dieu ...". Elle m'a dit va prendre ta douche, va t'habiller, je te sors
  
Pendant que je me préparais, vas y qu'elle commence à ouvrir les volets, les fenêtres ... la lumière du soleil, bouh ... ca faisait bien longtemps que je ne l'avais pas vu, j'avais mal aux yeux (je crois même qu'elle a fait le ménage chez moi ...). Et puis on est sorti, et on a beaucoup parlé. Pendant des mois, nous avons fait la même chose, on se promenait en voiture, on faisait le tour de la rocade de Troyes, et on chantait, on parlait. Stéphanie m'a clairement sortie de ma dépression, je n'arrive pas exactement à me souvenir de ce qui n'allait pas, mais, je n'allai juste pas bien, et Steph a été mon médicament. Son caractère enjoué, sa douce folie, cette complicité qui existe entre nous, si j'étais hétéro, ce serait ma femme parfaite ; et même si je suis homo, elle est la femme parfaite, une amie idéale, mon amie, c'est mon mamour à moi ! A cette période, Steph aussi a eu des coups durs, je pense qu'il y avait des échanges entre nous, on était chacun la béquille de l'autre, peut être (même si je crois lui devoir beaucoup plus que ce qu'elle me doit, si tant est qu'on puisse quantifier et devoir des choses à des amis ... c'est une image bien sûr, je n'ai jamais été partisan du "prêté pour un rendu"). Stéphanie a aussi été je pense la première personne à me connaître sous mon vrai jour, bas le masque, en dehors de ma famille mais qui ne me voit pas au jour le jour. Car même si au final, je m'étais promis de ne plus mentir, de ne plus être hypocrite, d'être entier, j'ai fini par me rendre compte que c'était le but à atteindre, mais que malheureusement je ne pouvais pas être a 100 % tout le temps. Elle me connait comme je suis, et de manière totalement naturelle, j'accepte toutes ses critiques sans chercher à la convaincre du contraire, sans répondre du tac-o-tac (ce qui est généralement mon cas ... j'ai toujours réponse à tout ... lol ... avec une pointe de mauvaise foi :p) 
  
Quand je dis que je ne mens pas, je ne mens pas littéralement, il m'arrive de le faire, mais pour des raisons qui pourraient mettre en péril des relations (ce qui m'est arrivé pendant longtemps avec mon précédent partenaire, je ne voulais pas le froisser ; cependant encore une fois je me suis rendu compte que ce n'était pas quelque chose de bon ...). L'hypocrisie, il y en a malheureusement, pas dans mes relations amicales, où je tâche d'être entier et moi même, mais au travail, pour entretenir une bonne ambiance, on doit prendre sur soi et ne pas dire ce qu'on pense systématiquement ; Ca fait partie de la vie ... Quant à entier, je pense l'être, je me donne ou je ne me donne pas, mais j'essaye de ne pas faire de demi-mesure. 
  
C'est pour cette raison que je dis aux gens que j'apprécie, assez rapidement, que je suis gay. Les autres que je ne fréquente pas, peuvent l'apprendre, je me fiche royalement, mais les gens que j'apprécie, c'est à moi de leur dire, mêmes s'ils ont eu des échos, s'ils sont au courant, je me dois de leur dire. Je le dis rapidement car je ne veux pas que les relations amicales qui pourraient se créer entre nous soient faussées. Ne pas dire aux gens que je suis homo, c'est passer sous silence un élément important de ma personnalité, et du coup, la relation crée serait biaisée. Car comment quelqu'un pourrait être ton Ami(e) en "te jugeant" sur une idée fausse qu'elle a de toi. Non, si des gens sont voués à devenir des amis, alors qu'ils le deviennent en connaissance de cause. 
  
C'est peut être grâce à ce mode de fonctionnement que je n'ai jamais été directement victime d'homophobie, sauf une fois, où quelqu'un m'a balancé une panière de frites (vide) quand je bossais chez McDo ... mais à part ça, je n'ai jamais été directement "agressé". Alors bien sûr, je ne vis pas dans une bulle, j'entends des choses, et j'adore quand les gens se tournent vers moi et me disent "nan mais ce n'est pas contre toi, c'est en général" ... 
  
Je crois que je vais m'arrêter la pour le moment. La suite parlera justement de comment je vis en tant qu'homosexuel après ce petit passage sur ma vie il y a quelques années. 
Par SebIrl - Publié dans : Et si j'en parlais - Communauté : BLOGS GAY
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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /Nov /2007 19:22
Une chanson que j'adore, Charles Aznavour à l'origine.
J'ai beaucoup aimé l'intrerprétation de Lara Fabian (elle hurle pas, promis !) : 

 



Et les paroles ... 

J'habite seul avec maman
Dans un très vieil appartement
Rue Sarasate
J'ai pour me tenir compagnie
Une tortue deux canaris
Et une chatte
Pour laisser maman reposer
Très souvent je fais le marché
Et la cuisine
Je range, je lave, j'essuie,
A l'occasion je pique aussi
A la machine
Le travail ne me fait pas peur
Je suis un peu décorateur
Un peu styliste
Mais mon vrai métier c'est la nuit.
Que je l'exerce en travesti :
Je suis artiste
Jai un numéro très spécial
Qui finit en nu intégral
Après strip-tease
Et dans la salle je vois que
Les mâles n'en croient pas leurs yeux.
Je suis un homme, oh !
Comme ils disent

Vers les trois heures du matin
On va manger entre copains
De tous les sexes
Dans un quelconque bar-tabac
Et là on s'en donne à cœur joie
Et sans complexe
On déballe des vérités
Sur des gens qu'on a dans le nez
On les lapide
Mais on fait ça avec humour
Enrobé dans des calembours
Mouillés d'acide
On rencontre des attardés
Qui pour épater leurs tablées
Marchent et ondulent
Singeant ce qu'ils croient être nous
Et se couvrent, les pauvres fous
De ridicule
Ça gesticule et parle fort
Ça joue les divas, les ténors
De la bêtise
Moi les lazzi, les quolibets
Me laissent froid puisque c'est vrai.
Je suis un homme, oh !
Comme ils disent

A l'heure où naît un jour nouveau
Je rentre retrouver mon lot
De solitude
J'ôte mes cils et mes cheveux
Comme un pauvre clown malheureux
De lassitude
Je me couche mais ne dors pas
Je pense à mes amours sans joie
Si dérisoires
A ce garçon beau comme un Dieu
Qui sans rien faire a mis le feu
A ma mémoire
Ma bouche n'osera jamais
Lui avouer mon doux secret
Mon tendre drame
Car l'objet de tous mes tourments
Passe le plus clair de son temps
Au lit des femmes
Nul n'a le droit en vérité
De me blâmer de me juger
Et je précise
Que c'est bien la nature qui
Est seule responsable si
Je suis un homme, oh !
Comme ils disent

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C'est un gros "aller vous faire voir", j'adore, c'est poétique !

Par SebIrl - Publié dans : Personnel - Communauté : BLOGS GAY
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Samedi 3 novembre 2007 6 03 /11 /Nov /2007 16:54

"Et si j'en parlais ..." était le nom de l'article que j'avais prévu de poster sur mon autre blog, et c'est ce même article qui m'a fait ouvrir un second blog ... allez comprendre ...

Je vous propose donc cet article, que je n'ai pas posté sur mon autre blog. J'ai prévu de faire un second article dans la série "Et si j'en parlais", qui viendra un peu plus tard.

---
Et si j’en parlais … juste une fois. 
Je vais changer des sujets un peu légers et sans fond que j’aborde d’habitude juste une fois. Ca fait plusieurs jours que j’y pense, et j’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article. Et je ne suis même pas sûr de le poster sur mon blog au moment où je tape le texte. Je pense que mon blog n'est pas un livre intime où on y met ses états d’âme, n'allez pas vous fourvoyer en pensant que ce serait toujours le cas (si tant est que vous voyiez mon écrit) ; une fois n'est pas coutume comme on dit ... cet article aura plus l’avantage de répondre à des questions qu’on m’a posées : être homo, comment ça se vit ... Je n'ai pas la prétention de dire que mon expérience est celle de tous les homos du monde, loin de là ; Dans l'absolu je ne peux pas répondre à la question "comment on vit quand on est homo", mais je peux déjà tenter d'expliquer comment je le vis, moi, en tant que personne à part entière.

Quand les gens commencent à me connaitre, il arrive régulièrement qu'ils me posent des questions du type "tu l'as su quand", "t'es déjà sorti avec des filles», «tu veux des enfants ? Mais tu vas faire comment", "tu l'as dit à tes parents ?", etc. Ce sont des questions dont j'ai l'habitude, et pour répondre à ceux qui ne m'auraient pas posé la question, je vais tenter une réponse ... Pardonnez-moi d'avance si je m’emmêle parfois, et si ça part à gauche ou à droite, je ne suis pas des plus doués pour organiser mes idées.

Je préviens que si certaines personnes peuvent êtres gênées de lire "une tranche de vie", qu'elle ne lise pas. Je comprends que de rentrer plus ou moins dans une certaine intimité, même si c'était il y a des années, peut déranger ... Bref, entrons dans le vif du sujet : Je l'ai toujours plus ou moins su, j'ai toujours bien remarqué que je préférais mes camarades de classe à mes copines, ce n'est pas quelque chose qui s'explique vraiment, on voit des filles, on voit des garçons, et moi bah, je savais que je préférais les garçons aux filles. Mes meilleures amies étaient des filles, mais les garçons, ce n’était pas pareil, j'avais des copains garçons bien sûr, mais ce n’était définitivement pas pareil. Je devais avoir 7 ou 8 ans quand j'en ai pris conscience, mais l'entourage, la télé, tout nous montre qu'une fille doit aller avec un garçon et vice versa. La seule référence aux homos que l'on ait quand on est jeune, habitant dans l'est de la France, et pas dans une grande ville, ce sont ces mots passés dans le langage courant : pédé, pédale, tarlouze, fiotte, folle, enculé ... pour les plus utilisés.

Ca, c'est sûr, en ayant à peine 10 ans, tu te dis qu'il doit forcément y avoir quelque chose de mal à préférer les garçons aux filles. Au collège, de la 6ème a la 4ème, je me souviens que ca n'a pas été des plus simples. Je n'ai jamais été un "chef de bande", j'étais plutôt le gars qui se retrouvait seul, j'avais peu d'amis. Pourtant Dieu sait que j'aurai bien aimé moi aussi être avec une bande de copains et faire des conneries avec plein de gens. Mais non, décidément, je trainais toujours avec les 2/3 mêmes personnes, pas très bavard, réservé ... finalement je ne me sentais bien qu'en un seul endroit : en classe. Dans ce cas j'étais concentré sur autre chose. Je reviendrai plus tard sur cette "concentration".

Alors bon, voilà, j'avais beau savoir, bah je faisais comme les copains, je sortais avec des filles. Et le pire, c'est que je me refusais moi même ce que j'étais. Ce rejet a du atteindre son paroxysme vers 13 ans. C'est pendant cette période que j'ai connu les ruptures qui m'ont fait le plus souffrir. Certes, ce n'étaient que des amourettes, mais quand tu es gosse, c'est ce qu'il y a de plus important à tes yeux, et en plus dans mon cas, je m'attendais juste à m'attacher à la personne, et que la personne s'attache à moi, et que ça me fasse changer ... bordel de crotte. A chaque rupture, je descendais un peu plus ... Je plaçais tellement d'espoir dans mes amourettes de collégien pour pouvoir être "comme tout le monde". En plus, je crois que je m'étais mis en tête que si j'étais hétéro, un vrai, et bien je rejoindrais plus facilement des bandes de copains. La déception était énorme ... à 14 ans j'ai déménagé dans les Vosges, dans un collège avec ... 150 élèves à tout casser ... boudiou que c'était dur. Bon pour le coup, j'avais réussi à rejoindre une bande de copains, 5-6 ... qui étaient en fait les jeunes de mon village (260 habitants ...). Je me suis retrouvé avec une bande de copains parce que ... je pense qu'au final ils prenaient les seuls jeunes du village ! lol ... Tous sauf un. N'empêche que je me suis bien amusé. 

Cette période a été aussi, et tout à fait contradictoirement, une des périodes les plus chiantes de ma vie. Au village, il y avait donc ce groupe de 5 copains, toujours entre eux, et je m'étais fait comme ami Nathaël, un garçon du village aussi. Mais lui pensait que les 5 autres étaient juste "des gros cons" (pour résumer), et de leur cotés, la bande pensait que Nathaël était un peu trop efféminé ... J'étais toujours au stade du rejet de moi, même si ça commençait à s'améliorer (n'empêche que j'ai trouvé le moyen de sortir avec une fille aussi en 3ème ...), mais je n'en étais pas à rejeter quelqu'un d'un peu "différent", au contraire, j'y voyais plutôt une invitation à la sympathie. Mais en même temps, je ne voulais pas perdre cette bande de copains. Ca m'avait manqué pendant des années, alors ... que faire : Bah j'ai joué au con. Je mentais a la bande quand j'étais avec Nathaël, et je mentais à Nathaël quand j'allai avec la bande ... ca a duré des mois et des mois ... Jusqu'au jour où je me suis fait griller ... par Nathaël. Pour la petite histoire, j'ai toujours considéré Nathaël comme un véritable ami, malgré tout ce qui a pu se passer de bizarre entre nous les 6 ans qui ont suivi ... Bref, revenons sur le fait que je me suis fait griller. Ca a été la catastrophe, Nathaël me reprochait de lui avoir menti, d'être hypocrite, etc.
Et il avait raison, si seulement il avait su à quel point j'étais hypocrite. Je crois qu'à ce moment là, une phrase m'a choquée plus que tout autre venant de sa part "Tu n'es pas capable d'être honnête, tu peux considérer notre amitié comme finie". Premièrement, elle m'a fait mal, parce qu'il appuyait exactement là où je savais qu'avait été mon erreur, et deuxièmement, c'était la première fois qu'il parlait d'amitié ... c'était un garçon qui ne se livrait pas facilement, et on ne savait jamais exactement si il appréciait ta compagnie ou si elle lui était indifférente. Le fait qu'il parle d'amitié, en plus à ce moment là ... vraiment terrible.
D'un coté la bande de copain, de l'autre Nathaël. J'ai rapidement compris qu'il fallait choisir entre amusement/conneries avec les copains, et Nathaël, pour qui j'avais une amitié profonde, sincère ... même si je lui avais menti pendant des mois. On s'est pas mal disputé avec Nathaël (je devais au moins avoir 15 ans là), mais j'avais fait le choix de son amitié plutôt que ma bande de copains. Finalement j'avais choisi de m'isoler quoi ... avec Nathaël ! Je n'étais pas seul, et lui non plus ; Même si, avec le recul, je me rends compte qu'il était pas facile à vivre du tout, du tout ... Quand il lui prenait l'envie de me faire la tête, il la faisait vraiment, du coup je restais avec sa mère, Evelyne, et on papotait en buvant le café, pendant que Nathaël faisait sa forte tête, ça me fait sourire aujourd'hui quand j'y pense, quelle tête de mule ! :)


Au Lycée, j'y ai fait un court passage (après j'ai suivi des cours par correspondance). De profonds changements à 15 ans se sont effectués en moi, déjà je me suis dit une chose : le mensonge, c'est tabou. Mentir, être hypocrite, m'avait tellement fait mal, et avait rendu aussi malheureux, que je me suis fixé de ne plus mentir, d'être le moins possible hypocrite (malheureusement on est toujours obligé de l'être un peu, ne serait-ce que quand on va voir son banquier XD), mais avant tout, d'être entier. Voilà, tels étaient mes objectifs. A 15 ans, c'est bon, je décidais d'assumer qui je suis : je suis homo (hé oui, je n'en ai pas parlé depuis quelques temps, mais c'était toujours là) ... après la question c'est "on fait quoi dans la vie quand on est homo ?". Bah oui, référentiel : 0. Donc c'était cool, j'avais une information primordiale pour ma vie, une information vitale même, puisque cette information révélait qui j'étais, mais je ne savais pas à qui le dire, pas comment le faire, et je ne savais même pas à qui je pouvais m'identifier. Modèle ? 0.

1, 2, 3 déménagements, ailleurs, et Nathaël et moi nous sommes éloignés, on restait en contact, on se téléphonait, on s'envoyait des lettres ...

C'est là qu'internet a commencé à entrer en jeu. Avant c'était juste un truc cher sur lequel j'allai pour des choses très précises, maintenant, c'était mon Saint Graal, l'endroit où je pouvais trouver des infos, me renseigner, voire même rencontrer des homos, parler, trouver des repaires. Ca parait idiot dit comme ça, mais imaginez-vous simplement sans repaire, vous recherchez "vos semblables", vous avez des questions, et peu de réponses ... on saute sur tout ce qui peut nous apporter un peu de "réconfort", on essaye tant bien que mal de se rapprocher de gens qui nous comprennent. Je devais avoir 16/17 ans quand j'ai rencontré Alexandre, sur Internet justement. Un type génial, que j'ai eu l'occasion de rencontrer dans la vie plusieurs fois. Il avait 24/25 ans, homo, et ca se "voyait pas" comme savent le dire les hétéro ("ah ? T’es homo ? Ça se voit pas ..."). Il a été mon sauveur, quand ce n'était pas par internet qu'on se parlait, parce qu'il partait toujours en vadrouille aux quatre coins de la terre, on s'écrivait, on se téléphonait. Je précise pour les esprits vifs : Il ne s'est jamais rien passé avec lui (même si l'envie était omniprésente), c'est un ami, que j'ai encore d'ailleurs aujourd'hui sur MSN. Bref, il m'a vraiment aidé à me construire en tant qu'homosexuel. C'est d'ailleurs à la suite d'une visite chez mes parents, il y avait passé le week-end, que j'ai pris mon courage a deux mains (enfin courage est un bien grand mot), et où j'ai eu du mal à dire maman ... je ... et la, les larmes, mes larmes, je n'arrivais pas à parler.
Et puis elle commence à s'inquiéter, alors je bredouille juste "Alexandre", et là, elle a lu en moi ... "Quoi ? Tu es comme Alexandre ? Oh tu m'as fait peur petit con je pensais que c'était un truc grave ...". Wha ... J'ai été soulagé. Bon bien sûr, pour elle après, ça n'a pas du être une période facile à vivre, mais à ce moment là, elle ne m'en a jamais rien montré, juste un jour "je suis déçu, je serai jamais grand-mère", ce à quoi je lui ai répondu "je suis homo, pas stérile ...".

Jamais ma mère ne me l'a reproché, ou envoyé de remarques tordues sur mon homosexualité ; Pourtant on a deux caractères de cochons et on se disputait régulièrement à cette époque, mais jamais ça n'a franchi cette limite, et pourtant ça aurait été facile. Quant à mon beau-père, tout ce qu'il a dit avec le sourire "merde, je suis tombé sur un homo qui aime pas le techno". 

C'est assez drôle d'ailleurs, parce qu'avant que je le dise à ma mère, ça n'avait rien de réellement officiel, c'était juste là ... et puis après, ça y est, on ne peut plus faire marche arrière. Ils savent qui je suis, comment je suis ... Le décret a été prononcé, la vérité a éclate, je suis homo, mes parents le savent, je vais devoir vivre avec complètement.

--

Voilà pour l'intro ... ça répond déja a quelques questions que certains se posent. Je reviendrai pour  le reste ... comment on le vit au jour le jour une fois que cette démarche d'accepter qui on est est faite.
Par SebIrl - Publié dans : Et si j'en parlais - Communauté : BLOGS GAY
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Samedi 3 novembre 2007 6 03 /11 /Nov /2007 16:10
Hé, oui voici mon second Blog. 

Pour pouvoir parler plus facilement d'homosexualité et de moi en général, j'ai décidé d'en créer un second. Mon autre blog étant essentiellement fréquenté par des collègues de travail, je me suis bêtement dit que je ne voulais pas m'étaler comme ça aux yeux de tous ... Donc voila mon blog presque anonyme pour parler de ce que je vois sur le net qui m'interpelle, pour parler de ce que je pense ... Y a beaucoup de "Me" m'enfin un blog, c'est un peu ça : de l'égocentrie :D

Bien donc je déclare mon nouveau blog ouvert ! Je me souhaite d'avoir des visiteurs réguliers ... ! lol

A bientot !
Par SebIrl - Publié dans : Actualité
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