L'article "Et si j'en parlais ...(1)" était une explication sur comment j'ai décidé de m'assumer tel que j'étais, c'était, je pense, un texte
nécessaire pour comprendre le raisonnement qui est le mien aujourd'hui. Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, voici le lien : http://sebirl.over-blog.com/article-13530179.html
Bon, sur ce second article de la série (bah quoi, 2 c'est une série non ? :p), je ne vais pas m'étaler sur mes rencontres ; A
la limite : on s'en fout. Je vais seulement parler de celles qui me semblent importantes, celles qui ont éveillées en moi des questions, ou de l'énervement, sur des comportements que je ne
comprenais pas. Et puis je vais un peu aborder ma vie après mon coming out. Je crois qu'il y aura un article numéro trois ... le deux ne suffira pas à dire tout ce que j'ai envie de dire ^_^ J'ai
fait deux articles distinct car il y a clairement un "avant sortie du placard" et un "après".
Pour reprendre à la suite, après donc mon coming out à mes parents (toujours 16/17 ans) je suis un peu parti en vrille (alors qu'on
aurait pu penser que tout aurait du s'arranger ? hé bien pas tout à fait). On a déménagé à Troyes, j'ai trouvé un boulot, un copain (pas duré longtemps), je suis tombé malade (saleté mononucléose
infectieuse! Protégez-vous ! Ca aurait pu être pire ...), et puis je suis parti dans un couvent ... (ne cherchez pas de lien de cause à effet hein ...) je voulais devenir Dominicain ... J'ai
passé un certain temps au Couvent de Lille, je devais ensuite aller à Strasbourg pour rencontrer le Maître des Novices. J'ai fait un arrêt à Troyes pour voir mes parents, et puis ... je ne suis
pas allé à Strasbourg, finalement ... J'ai du avoir peur, ou bien il y avait quelque chose qui me dérangeait dans l'affirmation de ma vie sexuelle et le fait de devenir dominicain ... j'en sais
rien, toujours est-il que je n'ai pas fait mes vœux !
Entre rencontres (amicales et amoureuses), boulot, mon vécu et parcours atypique, et surtout toutes ces réflexions que je
trainais, à 19 ans, j'avais déjà un peu roulé ma bosse (ah oui, j'ai arrêté à 17 ans, après le BAC ... mais je ne suis pas allé aux épreuves, contre toute attente d'ailleurs,
j'étais bon élève, motivé ... mais voilà quoi, les aléas de la vie, j'ai regretté de ne pas y être allé, ça ne m'a pas facilité l'insertion en milieu professionnel, j'ai toujours dû faire plus
mes preuves que d'autres qui avaient déjà un capital diplôme, mais je crois que c'est le propre de toutes personnes dans la même situation, et j'avais bien sûr à assumer mon homosexualité devant
mes collègues); épatant ce que la vie peut faire de nous, ou en tous cas ce que les situations ont comme influence sur le court de notre vie.
Quelques mois après mon retour du couvent, j'ai trouvé un travail chez AOL (je me souviens que ma mère était arrivée dans mon appart
pour me dire "Hé ! Ils recrutent des techniciens, t'es bon en informatique, c'est ton truc ..."). AOL était mon fournisseur d'accès à internet de l'époque d'ailleurs, et même si l'informatique
pour moi était une passion, il ne m'était jamais venu à l'idée d'en faire mon métier. J'avais certes déjà travaillé dans l'informatique, mais ce n'était pas un boulot très intéressant. Quelques
fois je me dis que si ma mère ne m'avait pas donné cette annonce ce jour là, je bosserais peut être dans un travail moins prenant, et sans être péjoratif, d'un travail plus proche de mon milieu
social initial : plutôt dans la moyenne très basse financièrement, ma mère a toujours travaillé pour ainsi dire en C.E.S (contrat emploi solidarité) quand j'étais jeune, pas cher payé (et
d'ailleurs quand j'étais plus petit, je croyais que c'était une norme les C.E.S ...).
J'étais pas mal chez AOL, mais j'étais déprimé, c'est après coup que je m'en suis rendu compte. Au travail, j'ai fait la connaissance
de Stéphanie. J'ai adoré notre rencontre, ça me fait toujours marrer. Ce jour là, j'étais à coté d'elle au travail, je devais être sur un site genre gay quelque chose, y avait une image d'un
beau mec sur mon écran, je vois qu'elle jette un œil, et je lui dire mi-rigolant/mi-agressif : "Oui je suis gay, j'espère que ca te dérange pas" (je ne la connaissais pas trop en plus, je ne sais
pas ce qui m'a pris ce jour la). Et sa réponse : "Moi aussi, bienvenue au club". On a sympathisé ... et puis quelques semaines plus tard, je ne suis plus venu au travail. J'étais chez moi,
je restais dans le noir, passant mes journées entre le pc/les jeux/la télé. Je ne faisais plus rien du tout, pas rasé depuis je ne sais pas combien de temps, ménage 0, vaisselle 0, bref
rien. Je crois que c'était un après-midi, j'entends toc-toc à ma porte. C'était Stéphanie, alias Pimouss, qui débarquait. Elle est rentrée chez moi, et je crois qu'en voyant l'état de
l'appart elle a du se dire "oh mon dieu ...". Elle m'a dit va prendre ta douche, va t'habiller, je te sors.
Pendant que je me préparais, vas y qu'elle commence à ouvrir les volets, les fenêtres ... la lumière du soleil, bouh ... ca
faisait bien longtemps que je ne l'avais pas vu, j'avais mal aux yeux (je crois même qu'elle a fait le ménage chez moi ...). Et puis on est sorti, et on a beaucoup parlé. Pendant des mois, nous
avons fait la même chose, on se promenait en voiture, on faisait le tour de la rocade de Troyes, et on chantait, on parlait. Stéphanie m'a clairement sortie de ma dépression, je n'arrive pas
exactement à me souvenir de ce qui n'allait pas, mais, je n'allai juste pas bien, et Steph a été mon médicament. Son caractère enjoué, sa douce folie, cette complicité qui existe entre nous, si
j'étais hétéro, ce serait ma femme parfaite ; et même si je suis homo, elle est la femme parfaite, une amie idéale, mon amie, c'est mon mamour à moi ! A cette période, Steph aussi a eu des coups
durs, je pense qu'il y avait des échanges entre nous, on était chacun la béquille de l'autre, peut être (même si je crois lui devoir beaucoup plus que ce qu'elle me doit, si tant est qu'on puisse
quantifier et devoir des choses à des amis ... c'est une image bien sûr, je n'ai jamais été partisan du "prêté pour un rendu"). Stéphanie a aussi été je pense la première personne à me connaître
sous mon vrai jour, bas le masque, en dehors de ma famille mais qui ne me voit pas au jour le jour. Car même si au final, je m'étais promis de ne plus mentir, de ne plus être hypocrite, d'être
entier, j'ai fini par me rendre compte que c'était le but à atteindre, mais que malheureusement je ne pouvais pas être a 100 % tout le temps. Elle me connait comme je suis, et de manière
totalement naturelle, j'accepte toutes ses critiques sans chercher à la convaincre du contraire, sans répondre du tac-o-tac (ce qui est généralement mon cas ... j'ai toujours réponse à tout ...
lol ... avec une pointe de mauvaise foi :p)
Quand je dis que je ne mens pas, je ne mens pas littéralement, il m'arrive de le faire, mais pour des raisons qui pourraient mettre en
péril des relations (ce qui m'est arrivé pendant longtemps avec mon précédent partenaire, je ne voulais pas le froisser ; cependant encore une fois je me suis rendu compte que ce n'était pas
quelque chose de bon ...). L'hypocrisie, il y en a malheureusement, pas dans mes relations amicales, où je tâche d'être entier et moi même, mais au travail, pour entretenir une bonne ambiance, on
doit prendre sur soi et ne pas dire ce qu'on pense systématiquement ; Ca fait partie de la vie ... Quant à entier, je pense l'être, je me donne ou je ne me donne pas, mais j'essaye de ne pas
faire de demi-mesure.
C'est pour cette raison que je dis aux gens que j'apprécie, assez rapidement, que je suis gay. Les autres que je ne fréquente pas,
peuvent l'apprendre, je me fiche royalement, mais les gens que j'apprécie, c'est à moi de leur dire, mêmes s'ils ont eu des échos, s'ils sont au courant, je me dois de leur dire. Je le dis
rapidement car je ne veux pas que les relations amicales qui pourraient se créer entre nous soient faussées. Ne pas dire aux gens que je suis homo, c'est passer sous silence un élément important
de ma personnalité, et du coup, la relation crée serait biaisée. Car comment quelqu'un pourrait être ton Ami(e) en "te jugeant" sur une idée fausse qu'elle a de toi. Non, si des gens sont voués à
devenir des amis, alors qu'ils le deviennent en connaissance de cause.
C'est peut être grâce à ce mode de fonctionnement que je n'ai jamais été directement victime d'homophobie, sauf une fois, où quelqu'un
m'a balancé une panière de frites (vide) quand je bossais chez McDo ... mais à part ça, je n'ai jamais été directement "agressé". Alors bien sûr, je ne vis pas dans une bulle, j'entends des
choses, et j'adore quand les gens se tournent vers moi et me disent "nan mais ce n'est pas contre toi, c'est en général" ...
Je crois que je vais m'arrêter la pour le moment. La suite parlera justement de comment je vis en tant qu'homosexuel après ce petit
passage sur ma vie il y a quelques années.